14/11/2004

PROTOCOLE DE KYOTO ET HYPOCRISIE

 

Il est devenu de bon ton dans notre beau pays de taper sur les Etats-Unis, pour tout et pour rien. C’en est devenu un réflexe culturel. Le conflit israélo-palestinien traîne en longueur, c’est la faute aux ricains, Saddam Hussein ne peut plus massacrer à loisir opposants et récalcitrants, c’est la faute aux ricains (en plus ces salauds ils nous privent d’un bon client), la pollution devient inquiétante, c’est la faute aux ricains qui ont refusé de signer les accords de Kyoto.

 

Justement parlons en de ces fameux accords de Kyoto. Que les grandes consciences mondiales s’émeuvent de voir proliférer les émissions de gaz à effet de serre et autres joyeusetés du même ordre, cela ne me choque pas outre mesure. Que l’on veuille limiter les rejets polluants n’a rien pour me déplaire. Encore faut il que les buts fixés soient réalisables, n’entraînent pas une régression paralysante de l’économie mondiale et surtout qu’ils n’aient pas un caractère obligatoire sélectif. Car elle est là la grande hypocrisie, pourquoi les Etats-Unis devraient ils être montrés du doigt et livrés à la vindicte populaire alors que beaucoup d’autres nations ne les ont pas signés, ou si ils les ont ratifiés n’en respectent aucune prescription ? Ainsi si les dits accords portent outre les émissions industrielles telles que le CO2, le CH4, le N2O, etc. ils portent également sur l’activité agricole à travers la gestion de la fermentation entérique, la gestion du fumier, la riziculture, le brûlage dirigé de la savane. Or quelle n’est pas ma surprise lorsque je me reporte à la partie où figurent les nations signataires pas une nation africaine n’y figure, pas un pays du sud est asiatique.

 

D’ailleurs n’y a-t-il pas d’autres raisons tout aussi sérieuses de s’inquiéter pour l’avenir mais beaucoup moins politiquement correctes et que l’on tait disons pour des motifs de bien-pensance ? Lorsque l’on se penche sur l’explosion de la démographie humaine, on trouve pas mal de raisons d’avoir la trouille, pourquoi n’entend on pas José Bové™, Nick Mamère™, les fameux duettistes de l’ultra-gauche Arlette et Olivier®  s’exprimer sur ce sujet ? Quel est donc cet odieux tabou qui clôt leurs lèvres purpurines pourtant si promptes à pourfendre l’iniquité yankee ? Auraient ils peur de se voir taxer de fascisme ? De racisme ? Pire de vouloir instituer une politique eugéniste ? Car il ne faut se voiler la face entre une pollution sur laquelle la communauté scientifique a bien du mal à se prononcer de manière certaine quant à la nocivité de ses effets et une croissance démographique galopante car non maîtrisée, le réel danger n’est pas là où on veut bien le voir. Encore une fois la dictature du politiquement correct empêche d’aborder le problème.

 

Pourtant les chiffres sont éloquents. La population totale de l’humanité « homo sapiens sapiens » depuis son apparition est estimée alentour de 80 milliards d’individus. Notre planète comptait en 1987 cinq milliards d’individus, douze ans après, en 1999 elle était passée à six milliards. Un accroissement délirant parce que non maîtrisé. Pour s’en rendre compte il suffit de considérer que les scientifiques estiment qu’entre l’an 0 et l’an 1000 seulement 9 milliards d’êtres humains foulèrent le sol de notre bonne vieille Terre. Quelles sont donc les raisons qui poussent alors nos bons « intellectuels » et autres consciences engagées dans le combat pour les forces de progrès et contre l’obscurantisme impérialo-capitalisto-libéralo-yankee ?

 

Ne serait-ce pas parce que cette croissance anarchique de la population mondiale provient essentiellement des nations du tiers-monde en voie de développement et qui d’ailleurs n’ont pas pour la plupart ratifié les accords de Kyoto ? Il faudra quand même un jour que ces faisans expliquent en quoi ces nations sont moins criminelles que les USA ? La pauvreté absout elle de toute opprobre ? Pourtant lorsque l’on considère l’activité industrielle naissante de ces pays, il faut bien se rendre à l’évidence, la préservation de l’environnement est bien le cadet de leurs soucis. Point de filtres sur les cheminées d’usines, point de station de traitement des rejets liquides, etc. quant à leur activité agricole elle n’est pas plus raisonnée, on pesticide à tout va, on déboise pour gagner de la surface arable, on déboise pour vendre le bois sans plans de coupe, sans parcelles de reboisement. Pourtant si je ne m’abuse ces monstruosités écologiques sont perpétrées avec la bienveillance de certaines de leurs icônes comme le célèbre duo des Guevaras du XXIème siècle : Lula & Chavez. Ce qui me pousse à demander si il n’y aurait pas une bonne pollution que nous devons subir avec délices, celles des nations en voie de développement et une mauvaise pollution, celle des nations occidentales égoïstes, capitalistes et impérialistes.

 

Bienvenue dans le monde de l’hypocrisie et de la contradiction assumée.     


11:27 Écrit par Harald | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |